§3: point de vue architectural, par Régis


C'est en 1928, que la Société Citroën décide de doter Lyon de ce que l'on appelle alors une organisation centralisée regroupant les différents services d'exposition, de vente, de stockage et de réparation de voiture; la succursale de Lyon est la plus monumentale de cette série et l'une des dernières. En effet, après la faillite de Citroën en 1934, la création de succursales ne reprend qu'à la fin des années 1950, avec des établissements localisés en dehors des villes, à proximité des nouveaux réseaux autoroutiers.

C’est Maurice Jacques Ravazé (1885-1945), architecte en chef du Service Architecture des Usines depuis 1923, et assisté par les architectes Wybo et Lagrange et l’ingénieur-conseil Bergerot qui se charge de la construction de ce palais de 1930 à 1932; les chiffres de la construction sont impressionnants : 130m par 52m sur 6 étages soit 4ha de surface disponible, et 8300m3 de béton…

Le bâtiment est très bien situé sur la rive gauche en pleine mutation urbanistique à l’époque, mais néanmoins à deux pas de la presqu’île de Lyon, le cœur économique et politique de cette capitale régionale.


Son architecture est particulièrement bien composée : des grandes superpositions de bandes vitrées (avec un minimum de points d’appui) et maçonnées relient des tours polygonales couronnées par un entablement, à la façon d’un château fort.

(Ici un petit jeu des 7 erreurs, à 10 ans d'écart, sur les évolutions urbaines.)

Les façades commerciales rue de Marseille et de l’angle rue de l’Université sont très ouvertes, afin de permettre une vue optimale sur les voitures présentées

Cotés rue Béchévelin et Félix Faure, c’est l’aspect atelier qui domine, avec la présence des grandes portes (dessinées par Jean Prouvé) et des limons des rampes qui animent la façade.

La verticalité et la monumentalité de ces tours contrastent avec les bandeaux horizontaux des façades. Le rythme de ces façades, fondé sur l'opposition entre les volumes constructifs et le graphisme des portes et des fenêtres rappelle l'esthétique constructiviste.

A l'intérieur, le grand hall du public (103 mètres de long x 22 mètres de large x 11 mètres de haut) couvre la hauteur du rez-de-chaussée et de l'entresol. Pour ce hall, ainsi que pour les magasins d'exposition, une poutraison spécialement étudiée forme une décoration à caissons.

La porte d'origine de la nef, articulée et ambitieuse.

 

Le pan coupé, à l'angle des rues de Marseille et de l'Université, présente un vaste hall d'exposition octogonal d'une hauteur libre de 18 m, délimité au sol par 8 colonnes massives en béton lisse qui supportent la poutraison du plancher du 2ème étage.

Dans les tours, les escaliers:

(ici au moment de leur construction...)

Hélas, pour le moment, un plancher intermédiaire coupe en deux le volume dans le grand hall.

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